Une structure de 36 kilomètres de diamètre orbitant près de la Lune : le titre est aussi vertigineux que les images qu'il prétend décrire. L'étude publiée en préimpression par Boris Zhilyaev et ses collègues de l'Observatoire astronomique principal d'Ukraine vient de déclencher une curiosité collective intense, mais elle se heurte violemment au mur de la rigueur méthodologique. La question n'est pas si ces phénomènes existent, mais comment on les explique sans transformer un simple artefact optique en base militaire extraterrestre.
Des structures de Manhattan sur le disque lunaire
L'étude repose sur des observations réalisées lors de deux sessions, le 16 août et le 7 septembre 2025, depuis le site rural de Vinarivka. Les auteurs décrivent plus de vingt objets volants non identifiés, classés en deux catégories : des structures « atmosphériques » et des formes « continentales ». Ces dernières se déplaceraient à une vitesse de 11 km/s, soit près de 40 000 km/h. Le point le plus spectaculaire concerne des anneaux qui, selon les calculs de l'équipe, atteindraient jusqu'à 36 kilomètres de diamètre avec une accélération centrifuge dépassant deux fois la gravité terrestre.
Ces objets ne sont pourtant que de minuscules taches de quelques pixels sur les images brutes captées par une caméra à 20 images par seconde. L'hypothèse selon laquelle la Lune servirait de base à ces engins, capables de rallier la Terre en vingt minutes, relève d'une extrapolation qui dépasse largement ce que les données permettent d'affirmer.
Le mur de la parallaxe et la critique de Harvard
L'astrophysicien Avi Loeb, directeur du Galileo Project, a rapidement souligné la faille structurelle de ce travail. Pour lui, sans une mesure précise de la distance, ces points lumineux peuvent être aussi bien des satellites en orbite basse que des phénomènes atmosphériques ou des débris terrestres. Il manque l'élément fondamental de toute observation astronomique sérieuse : la triangulation.
Sans au moins deux points d'observation distincts pour calculer la parallaxe, il est strictement impossible de déterminer si un objet se trouve à 384 000 km ou à quelques dizaines de kilomètres d'altitude. L'étude de Zhilyaev repose sur le postulat que les objets sont proches de la Lune, mais aucune preuve de cette distance n'est apportée. Comme l'a rappelé Loeb, le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA cartographie la surface lunaire depuis des années sans jamais déceler de trace de base ou d'infrastructure de ce type.
Un précédent méthodologique inquiétant
Ce n'est pas la première fois que les travaux de ce groupe de chercheurs suscitent une controverse institutionnelle. En août 2022, Boris Zhilyaev avait déjà publié des observations sur des phénomènes aériens au-dessus de Kyiv. À l'époque, l'Académie nationale des sciences d'Ukraine avait rendu un verdict sévère, qualifiant ses travaux de pseudo-scientifiques et pointant des erreurs importantes dans le calcul des distances. Les prétendus vaisseaux géants s'étaient avérés être des objets bien plus banals, probablement des objets de trajectoire terrestre.
Le preprint actuel hérite des mêmes faiblesses : une absence d'évaluation par les pairs et une dépendance à un unique télescope terrestre. On en sait encore moins qu'on ne le croit sur la nature réelle de ces points lumineux, qui pourraient n'être que des interférences électromagnétiques ou des artefacts optiques classiques.
La nécessité d'une rigueur absolue
L'ufologie sérieuse ne peut se satisfaire de préprints sans validation. Pour que l'on puisse parler de structures de 36 kilomètres, il faut des instruments à la hauteur de l'affirmation : des télescopes multiples et des données ouvertes et reproductibles. Sans cette rigueur, le risque est de confondre une simple perturbation atmosphérique avec une signature technologique avancée.
La question n'est pas de nier la possibilité d'une présence non humaine, mais de s'assurer que nos outils de détection ne nous trompent pas. Tant que la distance des objets ne sera pas établie par triangulation, ces observations resteront dans le domaine du spéculatif, une ombre mobile qui défiait toute explication terrestre, mais qui pourrait bien n'être qu'un simple reflet dans l'objectif.
Références
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OVNIs géants près de la Lune : l’étude ukrainienne qui enflamme le web se heurte au mur de la physique | JDW www.journalduweb.org • 2026-08-08 https://www.journalduweb.org/ovnis-geants-pres-de-la-lune-letude-ukrainienne/ Plus de vingt objets volants non identifiés, certains larges de 36 kilomètres, auraient été filmés à proximité de la surface lunaire par des astronomes ukrainiens, et l'un d'entre eux ferait la taille de Manhattan. Boris Zhilyaev et ses collègues de l'Observatoire astronomique pr
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Une « flotte d'ovnis » sur la Lune ? Ce que révèle vraiment l'étude ukrainienne qui affole les réseaux - Mysterium Incognita mysterium-incognita.com • 2026-08-08 https://mysterium-incognita.com/2026/08/08/une-flotte-dovnis-sur-la-lune-ce-que-revele-vraiment-letude-ukrainienne-qui-affole-les-reseaux/ Début août 2026, une information relayée par le Daily Mail a enflammé les réseaux sociaux : selon une équipe d'astronomes ukrainiens, plus d'une vingtaine d'objets volants non identifiés auraient été filmés en train de sillonner les abords de la Lune, certains atteignant la taill