La cour criminelle de Saint-Omer a ouvert ce vendredi 4 septembre le procès de Florent Martin, ancien tatoueur dont les actes présumés font l'objet de dix-six plaintes pour viols et agressions sexuelles. L'accusé, qui dirigeait le salon Tattoo Empire à Arras, est poursuivi pour des faits survenus entre 2006 et 2023 dans ses établissements de Lille et d'Arras. Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.
Des agressions lors de séances de soin ou de formation
A une de ces victimes, prénommée Jeanne, a relaté des faits survenus le 30 septembre 2023 à Arras. Alors qu'elle se rendait au salon Tattoo Empire pour une retouche de tatouage sur le mollet droit, elle aurait subi des attouchements sexuels. La jeune femme décrit un comportement de l'accusé visant à tester sa vulnérabilité par des questions sur sa vie intime avant de baisser son pantalon de force.
Le témoignage de Tania, une autre victime, met en lumière le traumatisme lié aux violences subies en 2019 alors qu'elle suivait une formation de professionnelle dans le salon. Elle décrit un état de paralysie et de tétanie lors des faits. Selon ses déclarations, cette expérience a eu des conséquences lourdes sur sa santé mentale et physique, entraînant des hospitalisations en psychiatrie.
Un contentieux avec la procédure judiciaire
Le parcours judiciaire de ces plaintes a été marqué par plusieurs obstacles techniques et procéduraux. Dans le cas de Tania, la plainte déposée en octobre 2019 avait fait l'objet d'une procédure classée sans suite en 2022. Lors des confrontations au commissariat d'Arras, l'officier de police judiciaire chargé de l'enquête a reconnu que la victime aurait dû être accompagnée pour faire face à l'accusé et à son avocate.
Cette nouvelle enquête, ouverte en 2023, s'appuie sur le dépôt de nouvelles plaintes contre le tatoueur. Ce recul des procédures semble avoir été favorisé par un sentiment d'isolement ressenti par les victimes lors des premières investigations locales.
La ligne de défense de l'accusé
Face aux accusations, la défense de Florent Martin soutient systématiquement la thèse du consentement. L'ancien tatoueur reconnaît avoir eu un comportement « lourd et insistant », mais conteste toute forme de violence ou de contrainte physique. Pour lui, les interactions avec les clientes ou élèves relevaient de la séduction.
L'accusé a notamment argué que certains gestes ou sommes d'argent versés étaient liés à une volonté de discussion après les séances de tatouage. La présidence de la cour a toutefois rappelé que l'insistance peut constituer un dépassement de la limite du consentement, notamment face à des victimes très jeunes.
Le procès se poursuit jusqu'au 11 septembre prochain.
Références
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« Il faisait parler les femmes pour évaluer leur fragilité » : l’ancien tatoueur « Zack » jugé pour viols et agressions sexuelles aggravés www.leparisien.fr • 2026-09-04 https://www.leparisien.fr/faits-divers/il-faisait-parler-les-femmes-pour-evaluer-leur-fragilite-lancien-tatoueur-zack-juge-pour-viols-et-agressions-sexuelles-aggraves-04-09-2026-PYAQXL3IQNHTVMQCDO5OWDCHVI.php Jugé devant la cour criminelle de Saint-Omer (Pas-de-Calais) jusqu’au 11 septembre, l’ancien patron de Tattoo Empire à Arras fera face à sei
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"Les trois minutes les plus longues de ma vie" : témoignage d'une victime au procès du tatoueur d'Arras accusé de viols - ICI www.ici.fr • 2026-09-07 https://www.ici.fr/hauts-de-france/pas-de-calais-62/saint-omer/les-trois-minutes-les-plus-longues-de-ma-vie-temoignage-d-une-victime-au-proces-du-tatoueur-d-arras-accuse-de-viol-4335751 Ce lundi 7 septembre se poursuit, à la cour criminelle du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, le procès de Florent M. ancien tatoueur accusé de 16 viols et agressions sexuelles dans ses salon de Lille et d'Arras entre 2006 et 2023.