La faille est dans la base, pas seulement dans l'application
La cybersécurité moderne a considérablement renforcé ses défenses sur la partie applicative, mais un angle mort persiste : la couche basse. Si l'on observe les infrastructures de défense classiques - EDR, pare-feu ou authentification multifactorielle - on oublie trop souvent que la menace peut s'infiltrer par le firmware ou le BIOS. C'est une faille dans le système de jeu avant même que le match ne commence.
Prenons l'exemple du malware LoJax. Ce type de menace peut s'installer directement dans le BIOS et persister malgré un remplacement complet du disque dur ou une réinstallation de Windows. Un incident qui montre qu'une attaque réussie peut contourner les outils de surveillance classiques comme l'EDR si elle a déjà pris pied dans la couche matérielle.
Le matériel, nouveau terrain de jeu des attaquants
Les objets connectés sont devenus des vecteurs d'attaque critiques car ils manquent souvent de monitoring. Une imprimante par exemple, qui tourne 24/7 sur un réseau avec son propre processeur et sa RAM, est une cible dont la sécurité est souvent sous-estimée.
Cette vulnérabilité s'étend aux scénarios les plus intimes. Des experts comme Yassine, lors du HACK 2026, ont mis en évidence des failles critiques dans des caméras pour bébés, démontrant comment des objets domestiques peuvent être détournés de leur usage initial pour espionner les utilisateurs. Ce n'est plus seulement une question de vol de données, mais de contrôle d'un environnement physique.
La défense-in-depth : sécuriser le hardware dès la conception
Face à ces menaces, l'approche doit être celle d'une defense-in-depth où chaque couche agit comme un joueur de défense en équipe. Le Cyber Resilience Act (CRA), qui impose des obligations de sécurité dès la conception (security by design), est une étape cruciale pour forcer les fabricants à sécuriser non seulement le logiciel, mais aussi les composants et les firmwares.
Pour contrer les attaques sophistiquées visant l'UEFI - le successeur du BIOS qui peut compromettre une machine avant même le chargement de l'OS - des mécanismes de protection matérielle deviennent indispensables. Des technologies comme le Secure Boot vérifient la signature numérique des composants, tandis que le TPM (Trusted Platform Module) protège les clés de chiffrement. Cependant, pour éviter que des attaquants n'interceptent les données entre ces modules, de nouvelles solutions comme TPM Guard sont nécessaires afin de créer un canal de communication chiffré entre le module et le CPU.
Sécuriser la chaîne d'approvisionnement et l'accès physique
La sécurité commence bien avant le premier démarrage. L'ENISA place la sécurité de la chaîne d'approvisionnement parmi les défis les plus critiques, car les attaquants ciblent désormais les composants matériels eux-mêmes lors de leur fabrication ou de leur distribution.
Pour contrer cela, une racine de confiance matérielle (Hardware Root of Trust) est nécessaire. Chaque machine doit pouvoir présenter un état d'intégrité certifié par ses composants (version de l'UEFI, firmware des pilotes, configuration) dès son allumage. Enfin, la sécurité ne peut être que numérique ; elle doit aussi intégrer une dimension physique pour contrer le "hacking visuel". Protéger la vie privée, c'est aussi limiter physiquement l'angle de vue des écrans ou des caméras pour empêcher toute capture de données sensibles par un tiers.
La cyberdéfense ne peut plus se contenter d'être réactive sur le logiciel ; elle doit anticiper la menace au cœur même du matériel.
Références
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Cyber Resilience Act : Pourquoi la sécurité “by design” n’est viable que si elle est positionnée au cœur de la conception du matériel informatique www.usine-digitale.fr https://www.usine-digitale.fr/cybersecurite/cyber-resilience-act-pourquoi-la-securite-by-design-nest-viable-que-si-elle-est-positionnee-au-coeur-de-la-conception-du-materiel-informatique.D3NLKU4LH5HUNF4LDQAUXK3444.html Le Cyber Resilience Act, qui imposera à partir de septembre 2026 aux fabricants de produits connectés de signaler toute faille de sécurité, est l’occasion de rappeler que la sécurité informatique ne se limite pas qu’aux EDR et au contrôle d’accès, mais se joue aussi dans les couc
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Cybersécurité : à 25 ans, Yassine traque les failles des entreprises www.letudiant.fr • 2026-08-28 https://www.letudiant.fr/metiers/yassine-hacker-ethique-il-y-a-encore-plein-de-choses-a-decouvrir-dans-la-cybersecurite.html À 25 ans, Yassine s’est déjà forgé une solide expérience dans le monde de la cybersécurité. Alors que la menace cyber se fait de plus en plus présente, ce jeune ingénieur sécurité traque les vulnérabilités et partage son expertise lors de conférences spécialisées.