Manger n'est jamais une simple affaire de calories ou de satiété. Pour moi, c'est un acte de présence, un moyen de suspendre le temps. Qu'il s'agisse de prolonger un après-midi entre amis ou de découvrir des saveurs lointaines dans un cadre familier, la table est le théâtre où se jouent nos appartenances et nos découvertes.
L'Espagne au Luxembourg : une chorégraphie de rituels
Au Luxembourg, la communauté espagnole - qui comptait plus de 10 276 résidents au début de l'année 2026 selon le Statec - ne se contente pas d'habiter le pays ; elle y fait vivre ses traditions à travers des adresses qui respectent les codes du pays de l'Ibérie. En Espagne, la gastronomie est une affaire de rythme : on commence par un vermouth, on s'attarde avec des tapas, et on finit autour d'un grand plat partagé.
Le rituel du « tomar el vermut » est une institution. Ce n'est pas juste boire un verre de vin aromatisé aux herbes, c'est un rendez-vous social qui ouvre l'appétit avant le déjeuner. À Casa Duques, au Kirchberg, ce moment se vit avec élégance autour d'une terrasse, entre des montaditos ou des gildas accompagnés de l'indispensable vermouth. C'est une version plus contemporaine de l'apéritif, mais l'esprit du partage est intact.
On retrouve cette spontanéité à la Ville-Haute avec Macellum. Ici, on cultive l'esprit du « tardeo » : ce moment où l'on sort en fin d'après-midi pour grignoter des tapas et discuter, souvent debout, de manière informelle. Entre les charcuteries fines et les vins espagnols, c'est une véritable immersion dans la convivialité ibérique.
Enfin, il y a la paella, ce plat qui exige d'être au centre de la table pour que chacun puisse se servir. C'est précisément ce que propose Podenco Bodega à Bertrange, sous la direction du chef Eduardo Ramos (nommé Restaurant méditerranéen de l'année 2025 par le Gault&Millau Luxembourg). La paella y reste le symbole ultime de la réunion et du partage familial.
De la montagne roumaine aux tables de Tunis
Le voyage culinaire peut aussi être un pont entre deux mondes que l'on croyait éloignés. Récemment, à Tunis, une célébration a mis en lumière la richesse de la gastronomie roumaine au restaurant Le Baroque. Ce lieu, reconnu pour son excellence sous la direction du chef Mounir Arem, a servi d'écrin à des saveurs de montagne et de terroir.
La cuisine roumaine est, selon les mots du Chef Christian (connu en France comme « Chef le Chat »), une cuisine extrêmement goûteuse, ancrée dans ses traditions de montagne. On y retrouve des plats qui demandent de la patience, de longues cuissons, et l'usage de produits fermentés ou de fromages de caractère. Lors de cet événement, les convives ont pu découvrir des classiques comme le Goulash, mais surtout les incontournables Papanasi : ces beignets de fromage frais, frits pour obtenir un cœur moelleux et une enveloppe croustillante, servis tièdes avec de la crème fraîche et de la confiture.
Le Chef Christian, qui dirige également des établissements à La Roche-sur-Foron ou encore à Cannes, a trouvé dans cette rencontre tunisienne un écho particulier. Il a souligné les similitudes entre les deux cuisines et, surtout, la chaleur de l'accueil tunisien, qu'il compare à l'hospitalité de sa propre région. C'est une magnifique illustration de la manière dont la nourriture peut créer des affinités là où on ne les attend pas.
La table comme espace de vie et d'expression
Ce qui me frappe dans ces deux exemples, c'est que le repas est toujours indissociable du lieu et de l'atmosphère qui l'entoure. Que ce soit autour d'un comptoir animé au Luxembourg ou lors d'une soirée culturelle à Tunis - où la gastronomie s'est mariée à une exposition de tableaux inspirés de Botello -, manger est un acte de célébration.
Ces rituels ne sont pas des vestiges du passé, mais des manières vivantes d'habiter le présent. Ils nous rappellent que prendre le temps de partager un plat ou de découvrir une spécialité comme les Papanasi, c'est avant tout chercher une connexion avec l'autre et avec une culture. La cuisine est ce passeport qui, sans même avoir besoin de bagages, nous transporte ailleurs.
Références
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Trois restaurants pour trois coutumes espagnoles paperjam.lu • 2026-09-16 https://paperjam.lu/article/trois-restaurants-pour-trois-coutumes-espagnoles Au Luxembourg, Casa Duques, Macellum et Podenco font vivre trois coutumes espagnoles: prendre le vermouth, prolonger l’après-midi autour de tapas et partager une paella. Trois expériences conviviales pour découvrir les saveurs ibériques et l’art de se retrouver à table.
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La gastronomie roumaine, un voyage des saveurs à ne pas manquer www.leconomistemaghrebin.com • 2026-10-04 https://www.leconomistemaghrebin.com/2026/10/04/la-gastronomie-roumaine-un-voyage-des-saveurs-a-ne-pas-manquer/ Pourquoi attendre pour découvrir les saveurs d’ailleurs ? Une journée de la gastronomie roumaine en Tunisie offre une véritable invitation au voyage,